Vidéosurveillance : un coût colossal pour quels objectifs ?
Tribune de l’opposition pour le journal municipal de juillet/août 2008.
Sous la présidence de Monsieur PORTELLI, la communauté d’agglomération Val-et-Forêt a acté la mise en place d’un système de vidéosurveillance sur son territoire. Dans ce cadre, notre commune se verra prochainement dotée de 13 caméras, dans un premier temps. Le budget estimé de l’opération dans son intégralité est chiffré à plus de 5,6 millions d’Euros. Ce coût est important dans le budget de Val-et-Forêt. Aujourd’hui, le financement de cette opération (20 % du Conseil régional et 30 % du Conseil général), n’est toujours pas voté dans les collectivités concernées.
Au-delà de ces frais d’investissement, le fonctionnement d’un tel système nécessitera deux équipes de 3 agents, sept jours sur sept de 14h à 6h du matin, pour un coût annuel de 186 000 €. Ces agents seront-ils les mêmes que ceux qui sillonnent aujourd’hui la voie publique et se verront-ils dorénavant affectés à un pupitre ?
La finalité de la vidéosurveillance (protection des biens, des personnes et de certains espaces publics) devrait normalement être assurée par une présence élargie de la police municipale et de la police nationale sur le terrain. Un travail de prévention efficace et coordonné assurerait également de façon plus humaine la sécurité de tous, tout en tissant du lien social.
Or, au sein des villes voisines concernées par la vidéosurveillance, deux visions s’affrontent. L’une, à laquelle nous sommes attachés, met l’accent sur la prévention. L’autre fait de la répression sa priorité. La commune de Franconville en fait partie, qui bénéficiera de 25 caméras en première tranche. Nous espérons que la mise en place de la vidéosurveillance ne soit pas l’occasion d’un durcissement sécuritaire qui mènerait sans nul doute à une situation explosive dans nos villes.
Par ailleurs, nous serons particulièrement attentifs au respect des libertés individuelles et collectives des citoyens. La législation impose des garanties minimales destinées à protéger ces libertés : le respect de la vie privée, une durée de conservation des enregistrements limités dans le temps, une information claire et permanente des personnes… Comment sera mis en place ce système ? La création d’un comité d’éthique est-elle prévue, et si oui de qui serait-il composé ?
Autant de questions indissociables à la mise en place d’un tel dispositif et sur lesquelles nous solliciterons des réponses précises de la majorité municipale.
Les élus de Générations Ermont
Mathias Trogrlic, Christophe Rodrigues, Estelle Lê, Talal Khiyachi, Marine Gilbert, Zahia Lebbaz.



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